Accueillir et soigner les blessures de l’enfant intérieur pour se (re)connecter à l’enfant joyeux et créatif

A la naissance, il y a « l’enfant libre, pur et sauvage ». Et très vite, bien trop vite, il y a les évènements de la vie, les étiquettes mis par l’entourage, les manques, les blessures, les jugements et les exigences de la famille et la société dans lequel l’enfant va grandir. Petit-à-petit, l’enfant libre à l’intérieur de chacun de nous se replie, se renferme et se tait pour laisser place à l’enfant blessé. Cet enfant intérieur et blessé c’est la partie de nous qui nous submerge quand nous rencontrons sur notre chemin une personne et/ou une situation qui va entrer en résonnance avec ce que nous avons vécu dans notre histoire. En effet, l’autre n’est jamais le problème, c’est notre interprétation du monde qui le devient et toutes les répétitions qui vont entretenir, raviver, et intensifier nos blessures.

La bonne nouvelle c’est qu’on peut tous sortir de ce vortex infernal en apprenant à revenir à la source, accueillir son enfant intérieur, avec toutes ses souffrances, ses peines, ses colères, ses révoltes, dans la compassion, l’amour et l’absence de jugement.

Nous sommes des êtres vivants et vibrants grâce à nos émotions qui s’expriment à travers notre corps (d’où les nombreuses expressions populaires telles que : l’estomac noué, les jambes flageolantes, le cœur qui palpite, etc.). Apprendre à accueillir ses émotions en sachant décoder leur message est l’une des plus belles clés pour mener une vie équilibrée et permet également de se réconcilier avec son enfant intérieur.

Margaret Paul* a très justement écrit dans son livre Renouez avec votre enfant intérieur : « Nous ne pouvons pas soulager la souffrance de notre enfant intérieur ni l’aider à pourvoir à ses besoins et à vivre dans la joie si nous ne sommes pas conscients de ce que nous ressentons. La première étape vers la résolution d’un conflit intérieur consiste donc à reconnaître nos émotions. »

Si le concept d’enfant intérieur est très utilisé outre-Atlantique par différents courants psychologiques, il commence également à faire parler de lui en France. Surmonter nos blessures d’enfance peut rendre non seulement la vie plus légère, mais ouvre aussi de nouvelles perspectives. _________________________________

Margaret Paul, (Ph. D.) est docteur en médecine. Elle est la créatrice d’une méthode d’inspiration jungienne, inspirée d’un concept issu de la psychologie analytique : l’enfant intérieur dans le cadre thérapeutique.

—Qui est l’enfant intérieur ?

 

L’enfant intérieur est la mémoire de l’enfant que nous avons été et la part enfantine qui demeure en chacun de nous lorsqu’on est adulte. Inspirée par les travaux de Carl Gustav Jung sur l’archétype de l’enfant, cette notion se base sur l’idée que « nous avons tous été des enfants et cet enfant vit encore en nous ». D’où les tendances observées dans le psychisme de tout adulte qui peuvent être à la fois régressives ou régénératrices.

Cela présuppose également que les blessures causées lors de la petite enfance peuvent être traînées comme un boulet au pied par un adulte qui n’en a pas nécessairement conscience. Certaines situations peuvent donc raviver cette blessure et faire réagir l’enfant qui est en nous (et non l’adulte que nous sommes). Phineas Parkhurst Quimby, célèbre guérisseur spirituel d’Amérique, déclarait, en 1847, que les enfants sont comme  de petites tablettes à écrire sur lesquelles tous ceux qui passent inscrivent quelque chose. Nous sommes tous nés sans croyances religieuses, sans peurs, sans préjugés raciaux. Dans l’enfance, nous étions très impressionnables, influençables et réceptifs aux enseignements et croyances de notre entourage. Ainsi, les enfants grandissent à l’image et à la ressemblance du climat qui prédomine dans le foyer. Le 1er langage que  vous avez parlé vous a été transmis par vos parents. Puis les oncles, tantes, ministres du culte et tous les autres passent et  inscrivent quelque chose sur « la petite tablette à écrire ». Rien de plus naturel puisque l’esprit d’un petit est malléable et ouvert aux croyances, cultes, superstitions, ignorances et craintes d’autrui.

Quel que soit notre âge, nous sommes tous construits sur un socle de blessures de l’enfance, généralement situé entre 0 à 10 ans, et ce quel que soit l’environnement rencontré. Même si son enfance est particulièrement heureuse et entourée d’amour, TOUT enfant va rencontrer des blessures.

Rares sont les personnes qui font les liens entre leurs blessures d’enfance et les problèmes qu’elles rencontrent adultes. Toutefois la grande majorité des adultes qui vivent difficilement une situation actuelle sont en lien avec leur blessure d’enfance. Par exemple, une non reconnaissance peut être vécue comme une humiliation et une querelle ressentie comme un abandon, etc. L’enfant qui grandit doit composer avec et se construire avec ces deux blessures jusqu’à l’âge adulte. Cela le conduit à porter un masque que Jung a appelé « la persona ».

Sachant que notre cerveau ne fait pas de différence entre ce qui est réel et imaginaire, un travail sur l’enfant intérieur permet de travailler en profondeur pour déposer son masque. Dans un premier temps ou pour compléter le travail que nous avons initié ensemble sur le sujet, je vous recommande vivement de renouer avec votre enfant intérieur puis de vous demander : Qui griffonne sur votre esprit aujourd’hui ? Quelqu’un vous trouble t-il ? Est-ce que quelqu’un vous dit que vous ne réussirez pas ? Et  rejetez-vous cette idée en vous disant : « Je ne peux pas échouer, je suis né pour réussir. » Car OUI, vous êtes né pour gagner, triompher de victoire en victoire. Posez-vous régulièrement cette question : « Qu’écrivez-vous chaque jour dans votre esprit? » et inscrivez la conviction que vous êtes digne d’éloges, de confiance et d’amour. Que vous  avez tous les ingrédients pour incarner  votre essence, votre talent unique.

Renouer avec son enfant intérieur

Nous sommes des boules multifacettes c’est-à-dire qu’on a plusieurs facettes en nous et il arrive qu’une ou plusieurs parties de nous cachent de véritables blessures. C’est la raison pour laquelle, en hypnose, on part très souvent à la recherche des parties de soi qui bloquent, qui empêchent d’avancer et d’atteindre un objectif précis car tant qu’elle(s) ne sera(ont) pas écoutée(s), visitée(s), entendue(s), elle se manifestent par des comportements devenus obsolètes. Et une fois de plus, la grande majorité de nos blocages se trouvent dans notre passé, dans l’enfance.

Je vous invite à observer le comportement d’un bébé pour constater par vous-même la vitesse à laquelle il exprime naturellement ses émotions : il passe du rire aux larmes, en quelques secondes, sans aucun filtre. Il sait très bien se faire comprendre quand il a faim, à éclater de rire quand il est heureux, à pleurer quand il est triste, à se rouler par terre quand il est en colère. Etc. Tout simplement parce qu’un bébé n’a pas encore rencontré toutes les désillusions et expériences blessantes d’un ado ou adulte. Et pour cette raison, il n’a pas encore eu besoin de créer une forteresse pour se défendre et se protéger de l’environnement.

Avec le temps le bébé va grandir et l’enfant va se forger une personnalité pour répondre aux demandes des adultes (à commencer par celle d’être « normal »). C’est ainsi que le bébé devenu adulte va oublier sa véritable identité en refoulant peu à peu son enfant intérieur. Ce refoulement écrase la spontanéité, la joie de vivre, la créativité, l’authenticité, la capacité de s’exprimer, la confiance, le
respect de soi, etc.

Ainsi, pour vous aider à démêler les nœuds qui ont pour origine autant de situations blessantes, de frustrations, de tristesse, de honte, etc. il s’agit d’aller revisiter dans votre passé, votre enfant intérieur. Celui qui n’a pas pu exprimer ses émotions, cet enfant qui s’est fait une interprétation personnelle de ce qu’il vivait, celui qui a fait des raccourcis rapides dans son cerveau, en cultivant de la culpabilité pendant de nombreuses années (car c’est bien connu, un enfant ramène toute la responsabilité à lui, ce qui revient à dire que tout est de sa faute : du divorce de ses parents, à la dépression ou le mal-être de maman, en passant par la perte d’emploi de papa, etc.).

Pour réparer, il suffit parfois de donner une permission pour que les croyances se modifient, que le changement de paradigme opère.

Je vous propose d’expérimenter ce protocole :

  1. Allez à la source du / des blocages en regardant à l’intérieur de vous, dans votre passé.
  2. Identifiez ces blocages et écrivez-les sur une feuille avec des détails sur les circonstances de leur apparition.
  3. Projetez-vous dans le passé pour visualiser votre enfant intérieur, écoutez-le attentivement et entourez-le de toute votre tendresse et des mots qu’il attend. Dites-lui à quel point vous l’aimez, que vous comprenez ce qu’il ressent. Qu’il a le droit de ressentir les émotions qui le traversent (peur, tristesse, colère…).
  4. Donnez-lui les permissions qui lui manquent :
    Tu as la permission d’être toi-même,
    Tu as la permission d’être un garçon ou une fille.
    Tu as la permission d’éprouver du plaisir.
    Tu as la permission de faire confiance / de savoir / de réussir (…). Tu as la permission d’être triste, en colère, d’avoir peur, d’être heureux. Etc.
  5. Une fois que vous aurez pris tout le temps d’écouter votre enfant intérieur, de le consoler en trouvant les mots justes avec toutes les ressources intérieures et extérieures que vous avez développé jusqu’ici, vous allez lui exprimer tout votre amour pour obtenir son pardon et sa « résurrection », comme une véritable renaissance.

Libre à vous de laisser exprimer votre créativité pour personnaliser ce protocole avec les outils, les mots et symboles que vous voudrez. Certaines personnes choisissent des photos d’eux dans une période de vie où une blessure a été très vive en récitant une prière chaque jour jusqu’à ce que la magie de la reprogrammation du subconscient opère. D’autres encore vont choisir une photo du passé et la mettre sur un piédestal pour considérer l’enfant comme la personne la plus importante de leur vie, etc.

Voici une autre manière d’entrer en contact avec votre enfant intérieur :

1) Imaginez-vous dans la maison où vous viviez enfant ou dans la maison que vous rêviez d’avoir lorsque vous étiez enfant.

2) Vous allez vous asseoir en face de vous enfant et regardez l’enfant jouer. Si vous avez du mal à vous imaginer enfant, regardez des photos de votre enfance.

3) Regardez votre enfant jouer et surtout écoutez ce qu’il a à vous dire. Demandez-lui ce qu’il lui manque, ce qu’il aime et que vous ne faites plus. Demandez-lui quels étaient ses rêves. Dans ces rêves, est-ce qu’il y a encore des choses que vous aimez aujourd’hui ?

4) Prenez-le dans vos bras, consolez-le et demandez-lui pardon. Promettez-lui de ne pas le laisser tomber.

5) Faites ce que vous aimiez enfant et qui vous plait toujours aujourd’hui. Comment pourriez-vous réaliser certains rêves que vous aviez enfant ?

Le fait de recontacter votre enfant intérieur et le rassurer va vous aider à reconstruire votre confiance de base.

Le principal c’est de vous souvenir qu’en vous reconnectant à l’enfant « originel » toujours présent derrière les blessures du passé, vous vous réappropriez son potentiel de vie, de joie essentielle, et de créativité. C’est grâce à cette reconnexion que vous pourrez sortir de la survie pour accéder à votre multi potentialité.

 

Chaleureusement,

Ambre Cazaudehore

PS : Je vous propose de découvrir cette vidéo BONUS qui m’a beaucoup émue

blog ambre banniere - Accueillir et soigner les blessures de l’enfant intérieur pour se (re)connecter à l’enfant joyeux et créatif