Prendre rendez-vous sur DoctolibAmbre CAZAUDEHORE Sebastien CAZAUDEHORE

Dans le fantastique livre « l’alchimiste raconte » de P. Burensteinas, il est dit que l’alchimie associe l’émotion à l’agitation. Ce qui veut dire que l’univers tend à perdre son agitation, comme l’âme humaine qui aspire à dissiper ses émotions. Ce qui peut paraitre suprenant dans notre société qui a pris l’habitude de distinguer les émotions les unes par rapport aux autres : la joie, tristesse, dégoût, peur, colère et surprise (si l’on s’en tient aux émotions de base). Et les émotions complexes (comme la fierté, l’impatience, l’anxiété, l’irritation, etc.).

En plus, avec notre affinité prononcée pour la psychologie, nous avons pris l’habitude de chercher la cause de nos émotions et à faire le distinguo entre les « bonnes » et les « mauvaises » émotions, valorisant les bonnes (vous l’aurez compris la joie) et condamnant les soi-disant « mauvaises » dont il faudrait apprendre à se débarrasser (la colère, la tristesse). Inutile de vous dire que je ne suis pas du tout d’accord avec cette vision polarisée « bonne/mauvaise » de nos émotions car je les vois comme de véritables alliées et messagères.

Pour rappel, si je me cantonne aux émotions de base : le rôle de la peur, dans une juste mesure, sert à nous protéger, le rôle de la colère, à fuir, combattre ou encore fixer des limites. Le rôle de la joie quant à elle, donne envie de partager, elle a comme fonction de nous « auto récompenser » de nos efforts et de nous faire du bien. Elle nous aide d’ailleurs à réguler les fonctions de notre organisme qui ont étés trop affectées par une autre émotion. De fait la joie va nous protéger face aux possibles infections, blessures, dérèglements que nous pourrions rencontrer (sur le plan physique comme psychique). Etc.

Alors pour rester dans un « juste équilibre » relatif à l’expression de nos émotions, il s’agit d’abord d’apprendre à les accepter, à les accueillir et les regarder sur un pied d’égalité car une émotion dure quelques secondes, tout au plus quelques minutes. Evidemment si vous considérez que vous n’avez pas le droit d’en exprimer certaines émotions comme la colère, parce que vous avez entendu que « ça ne se fait pas » alors vous risquez de l’enkyster dans le corps. Ce n’est pas un hasard si nous sommes une société à kystes, avec autant de cancers et fibromes… Logique puisque « tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime dans le corps ». Trop souvent, j’accompagne des personnes qui me confient avoir été élevées dans des familles en mode « reine d’Angleterre » où il fallait taire toute émotion et ne rien laisser transparaitre.

J’imagine que vous connaissez tous une personne de votre entourage qu’on qualifie de « faux calme ». Il s’agit des personnalités qui enferment leurs émotions à double tour et plus particulièrement leur colère ou tristesse ce qui a pour conséquence de provoquer un tsunami à l’autre bout du quartier quand elle explose car la coupe est pleine. En réalité, contenir nos émotions est le meilleur moyen de ne plus rien contrôler et de s’empoisonner. C’est dans ces moment-là, on dit généralement des choses qui dépassent largement nos pensées.

Il faut bien retenir que l’émotion c’est de l’énergie : à la base, l’énergie – donc n’importe quelle émotion – n’est ni bonne ni mauvaise. C’est ce que vous allez en faire qui deviendra destructeur ou créateur. Par exemple, vous pouvez transmuter votre colère en force en l’utilisant au profit de votre maison (en faisant un grand ménage de printemps par exemple).

Dans le livre de l’alchimiste, l’auteur prend l’exemple d’une 3ème mi-temps pendant un match de foot où se dégage une énergie extraordinaire que certains vont utiliser pour se battre (on pourrait qualifier cette énergie de négative) alors que d’autres vont choisir de faire la fête (on pourrait qualifier cette énergie comme étant positive) : en réalité, c’est la même énergie, constituée d’émotions qui se mêlent et qui demandent à sortir rapidement (d’une manière ou d’une autre). Les deux façons d’évacuer l’énergie est une question de physique : thermique (ça chauffe) ou dynamique (ça bouge).

C’est ce que nous allons voir ici :

1/ Quand ça chauffe : vous devenez rouge de colère, de honte, ou de trac… et la température corporelle augmente, le ton de la conversation s’échauffe… Ça n’est pas un hasard si on dit qu’on devient « bouillonnant de rage » ou que certains adolescents ont des éruptions cutanées impressionnantes.

Dans ces cas-là, si l’on vous jette un seau d’eau froide à la figure, votre colère va retombe indéniablement. Pourtant le motif de la colère n’aura pas changé. C’est naturellement une manière d’évacuer thermiquement la surchauffe (d’où les expressions telles que « je bous d’impatience ; je brûle d’envie de… »). Etc.

2/ Si ça bouge, c’est dans ce contexte que vous pouvez tout à fait balancer des objets à travers la pièce (de la vaisselle par exemple, scènes de film typique). D’autres manières de bouger pour évacuer l’émotion peut-être de mettre votre poing dans la figure de quelqu’un, prendre les jambes à son cou, se défouler sur un sac de boxe, etc. Dans toutes ces situations, s’opère la dynamique du souffle qui sort : qui va du soupir (de soulagement, de ras le bol, jusqu’au cri d’effroi de colère, de plaisir ou de joie). Tout cela constitue une forme d’évacuation physiologique des émotions. Même chose avec les spasmes (de rire comme des sanglots), qui sont d’autres modes d’évacuation dynamiques émotionnels. Du côté des mots, on dit bien qu’on « trépigne d’impatience, qu’on tremble de peur, qu’on saute de joie »… toutes ces expressions traduisent une fois de plus l’expression de mouvements.

Du point de vu d’un alchimiste, il est inutile de rechercher l’origine d’une émotion, la seule chose qui compte c’est de l’évacuer au niveau physiologique (de façon thermique ou dynamique). On se libère de ses émotions en leur permettant de sortir sans chercher à les maitriser. Selon P. Bureinsteinas, on se libère plus efficacement d’une émotion douloureuse en allant se défouler en faisant du sport plutôt qu’en cherchant ses origines avec un psy.

Notre société cherche les émotions pour nous remuer, nous sentir pleinement vivants et personne n’aime l’image d’un long fleuve tranquille qu’on compare souvent à un symbole rébarbatif. Dans le prolongement de cette idée, sachez qu’on associe le plaisir à l’émotion mais qu’il ne faut pas confondre le plaisir et le bonheur qui sont deux notions tout à fait distinctes. Il est vrai que la passion et le désir appartiennent au domaine des émotions mais pas de l’amour.

D’ailleurs, la vie c’est du mouvement, donc de l’émotion puisque dans « EMOTION » vous pouvez découper le mot en deux avec le « E » et « MOTION » (traduisez « mouvement » en anglais). L’émotion c’est la manière que l’univers a trouvé pour dissiper l’énergie ! Et puisque la vie est un grand terrain de jeu sur lequel nous sommes acteurs, incarné pour expérimenter, c’est-à-dire que nous sommes ici pour jouer le jeu en utilisant au mieux cette énergie qui nous est mise à disposition (sans oublier notre horizon de paix).

Alors comment on joue ? C’est simple : en les utilisant les émotions. C’est tout ce que j’explique dans mon livre « LES SECRETS DE LA CONSCIENCE QUANTIQUE » aux éd. De Vinci, où j’accorde un chapitre entier aux émotions et à l’utilisation de leur énergie pour devenir pleinement créateur de notre réalité.

Avec des formules magiques telles que : « J’utilise ma colère pour gagner mon match » ou « Je choisis de me sentir bien même si je doute de moi », etc.

Le problème c’est qu’en tant qu’« animaux sociaux », nous les humains, nous cherchons la présence de nos proches pour dissiper nos émotions en refilant systématiquement « la patate chaude». On redonne le paquet au 1er qui passe : « Je me prends une remarque désobligeante par mon boss, je peste contre lui, je rumine, je souffre, je fais souffrir l’autre en passant une soufflante à mon conjoint, etc. ».

L’expemple le plus parlant c’est d’imaginer la dernière fois où votre meilleure amie vous a téléphoné parce qu’elle se sentait mal. Concrètement, elle évacué ses problèmes dans vos oreilles bienveillantes, et au bout d’une heure, elle vous dit « ah ça m’a fait du bien de te parler, je me sens déjà bcp mieux ! ». Quand elle a raccroché, vous avez récupéré son « sac poubelle de problèmes (de souffre), vous avez été saturé par sa souffrance et votre enfant qui est passé devant vous a récupérée cette énergie qui s’est retourné contre lui. C’est-à-dire que vous venez d’évacuer sur lui une colère qui ne vous appartenait pas. Il s’en est littéralement pris plein la tête et rageant de cette injustice, il va à son tour se défouler sur le voisin, etc. à la manière d’un cercle vicieux !

Un autre exemple classique, c’est l’ado à qui vous dites des mots désobligeants qui va vous répondre en soufflant et en roulant les yeux vers le ciel (excellente manière d’évacuer le souffre soit dit en passant), ce qui engendre chez vous une réaction thermique (vous devenez rouge de colère) ou dynamique (par le mouvement : vous lui mettez une claque). Résultat : il se met à pleurer (= ce qui produit une décharge d’émotion par le souffle et les larmes), vous le prenez dans vos bras en vous confondant en excuse pour votre réaction trop vive. Sachez que si vous arrivez à ce geste tendre c’est justement parce que l’émotion est sortie.

Moralité : la meilleure façon de clore une dispute c’est, une fois l’émotion évacuée, finir dans les bras l’un de l’autre.

D’une manière générale, si vous avez un différend avec quelqu’un, exprimez-lui immédiatement. Il faut que l’émotion (l’information) circule, d’ailleurs l’émotion n’est pas autre chose que de l’énergie qui circule. Tant qu’elle est fluide, on peut l’utiliser en force d’action. Il n’y a rien de pire que de l’émotion stagnante qui se retourne contre vous. Fabriquer de l’émotion n’est pas un problème tant qu’on peut l’utiliser à bon escient.

Pour reprendre les paroles de P. Bureinsteinas, la solution idéale quand on est face à quelqu’un qui déverse ses problèmes c’est de « transmuter le plomb des problèmes en or ». C’est la sagesse et la compassion qui permettent cet accueil des émotions d’autrui, sans jugement, ni souffrance car vous avez la recette pour transformer cette énergie en création.  Cela revient à adopter une position de maitre ou de saint (une âme qui accueille la souffrance sans faiblir). Ce qui revient à écouter l’autre en l’allégeant, tout en retenant que tout le monde n’a pas la maitrise d’un maitre ou d’un saint.

Reste donc la possibilité de se débarrasser d’une émotion d’une manière thermique (avec une bonne douche froide) ou dynamique (en allant faire du sport jusqu’à se sentir calmé) ou en utilisant des techniques de respiration.

En conclusion, de cette vidéo, j’ose espérer vous avoir permis de changer de regard sur les émotions, comprenant qu’elles ne sont ni bonnes, ni mauvaises, simplement de l’énergie, de l’information qui nous renseignent et qu’on peut utiliser pour attirer à soi nos objectifs.

Et si bon nombre d’auteurs parlent de « paix intérieure », en réalité cet état n’est possible qu’à partir du moment où l’on a su neutraliser nos émotions. En effet, avec le temps, les extrêmes s’atténuent, ce qui veut dire qu’on se sent moins affecté par l’extérieur mais moins excité par ricochet. Il y a donc moins de grandes peines mais aussi moins de grandes joies, et il nous revient d’apprendre à cultiver cet état de détachement où rien n’a vraiment d’importance. Les vives démonstrations d’émotion sont plus rares, les horreurs du monde comme les événements heureux ne suscitent plus de débordements émotionnels.

Comme nous vivons dans une société d’émotions, c’est souvent mal perçu car notre culture toute particulièrement a tendance à valoriser l’amour-passion, les explosions dévastatrices plutôt que l’amour universel et la sagesse.

Mais comme nous sommes incarnés pour retrouver notre joie essentielle, il nous revient de prendre la décision d’être heureux. Et celle-ci passe par le détachement de la matière qui exige d’arrêter de courir, de vouloir créer et réussir des projets à tout prix. C’est tout le contraire qui doit opérer : laisser les choses venir à nous (ou pas) car je vous rappelle que nous sommes des êtres attractifs. On attire ce que l’on vibre. On n’est pas là pour forcer quoique ce soit mais bien comprendre que « tout est juste, à sa place au moment où on le vit ». Voilà le véritable lâcher prise, la posture de confiance absolue en ce qui est ici et maintenant.

On laisse venir, on comprend que l’on n’a plus besoin de rien comme le monde n’a pas besoin de nous. C’est une sacrée leçon pour l’égo.

Quand on est aligné, centré, les décisions son facile à prendre, on se sent à la bonne place, bien, épanoui, heureux (appelez-le comme vous voulez). Et ce sentiment commence en ouvrant les yeux, sans raison particulière ou extérieure.

Et comme nous vivons sur une terre polarisée, nous savons tous qu’on a plein de raisons d’être heureux ou malheureux : alors puisque tout est une question de regard et de choix que l’on porte sur la vie, permettez-moi de vous rappeler que nous avons tous le choix de regarder le bon côté des choses et de cultiver l’optimisme.

Au moment où je vous ai souhaité mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2022, je vous ai recommandé de prendre quelques instants chaque jour pour vous concentrer sur des moments quotidiens qui vous ont inspirés de la gratitude. Cette façon toute simple de reprogrammer son cerveau est une excellente manière de se souvenir qu’on peut tous éprouver de la satisfaction à tout moment. Votre libre arbitre revient à faire ce choix : regarder la réalité que vous voulez entretenir dans votre vie car ce sont des états. Et en conscience de l’utilisation de vos émotions qui ne sont rien d’autre que de l’énergie, plutôt que de vous laisser envahir et empoisonner par elle, pensez à les évacuer de manière thermique ou dynamique – Ou mieux, utilisez-les avec des formules magiques telles que : « je choisis (objectif personnel) même si (émotion)» ou « J’utilise (mon émotion) pour (mon objectif) » pour prendre conscience de votre pouvoir créateur !

Ambre Franrenet Cazaudehore est une praticienne psychocorporelle, née le 23 avril 1979. Elle a écrit plusieurs livres et donné des conférences et formations en développement personnel. Elle partage son temps entre ses consultations en région parisienne et à Montauban. Mère d’un petit garçon et belle-mère de deux adolescentes, elle anime régulièrement des stages pour favoriser l’autonomie et la pleine conscience.