Prendre rendez-vous sur DoctolibAmbre CAZAUDEHORE Sebastien CAZAUDEHORE

Dans cette vidéo, nous revenons sur le concept de l’ombre en mettant le focus sur la reconnaissance de l’ombre qui nous habite.

En effet, Car Gustav Jung, médecin, fondateur de la psychologie analytique, considérait la réintégration de l’ombre comme « LE problème moral par excellence ». Ainsi, « le travail » qui consiste à reconnaitre l’ombre pour l’accepter comme faisant partie de soi-même est indispensable pour pouvoir la réintégrer dans l’ensemble de notre personnalité.

Et contrairement à la vision de Nietzsche et de Freud, Jung considérait que l’inconscient est un ensemble de forces opposées mais complémentaires qui ne demandent qu’à être organisées. Parmi ses forces antimoniques (l’égo et de l’ombre, du masculin et du féminin et d’une infinité de polarités archétypales), toutes sont à l’origine de tensions psychiques qui bougent en permanence, même si ces éléments opposés cherchent à s’organiser en un tout cohérent grâce à l’activité polarisante du Soi.

Il est clair que la conception jungienne du développement de la personne souligne la nécessité de créer un juste équilibre entre les éléments du psychisme, c’est-à-dire, harmoniser l’égo conscient et l’ombre qui forment à eux deux l’inconscient. Pour Jung, ces deux éléments doivent maintenir leur dualité à l’intérieur d’un système équilibré (ce qui rappelle la vision taoïste du réel, à savoir que l’univers résulte de l’harmonisation constante et invisible de la polarité fondamentale : le yin/yang).

Dans cette compréhension, il est très dangereux de survaloriser ou au contraire de dévaloriser un aspect ou l’autre de la psyché car toutes les fois que l’on met en avant de la scène l’un au détriment de l’autre, on crée un déséquilibre qui se traduit par des malaises physiques ou des troubles mentaux. Le roman : « the strange case of Dr Jekyll and Mr Hyde », illustre à merveille le danger de s’identifier exclusivement à son côté obscur puisque le personnage principal atteint un point de non-retour où il n’a plus de sens moral et plus aucune maitrise de lui-même. On comprend bien que cette attitude d’abandon aux pulsions de l’ombre, loin de résoudre la tension morale, ne favorise pas non plus la réintégration de l’ombre.

Heureusement il est vraiment rare de rencontrer des cas aussi extrêmes d’identification à l’égo ou à l’ombre cependant une autre stratégie est plus courante : c’est celle qui consiste à entretenir une double vie, c’est-à-dire vivre une vie morale exemplaire (en qualité de conjoint, de parent ou citoyen exemplaire) et dans des moments de déprime ou de grande fatigue, prendre certaines libertés vis-à-vis de ses principes moraux (ce qui peut prendre différentes formes : allant d’aventures extra-conjugales, à l’abus de boissons, injures ou propos médisants vis-à-vis d’autrui, etc.) Dans ce cas, les personnes concernées sont en quelque sorte « prisonnières » de cycles infernaux avec l’alternance de tentations > passage à l’acte > regrets > bonnes résolutions. C’est typiquement le cas typique des personnes alcooliques puisque sous l’influence de l’alcool, l’égo sobre et exemplaire chavire dans le côté obscur :  l’ombre alcoolique. Et c’est ce qui fait que l’entourage de la personne assiste à un véritable dédoublement de personnalité. Dans ce cas de figure, il est facile de constater que le côté alcoolique révèle les qualités opposées à celles du côté sobre : d’un individu que l’on qualifie facilement comme étant « doux comme un agneau » se montrent violent et féroce comme un ogre (ou au contraire une personne psychorigide montrera alors sa facette excentrique, etc.

Secouées entre les aspirations de leur égo et les impulsions de leur ombre, cette stratégie a pour conséquence que les personnes qui l’adopte sombrent par cycles dans un chaos psychologique, courant alors le risque de rester « prisonnières » de ce cercle vicieux.

Soulignons alors que l’on n’échappe pas à un dilemme en éliminant l’un de ses aspects (dilemme égo idéal et ombre). Il s’agit plutôt d’assumer la tension qui en résulte. Au départ n’importe qui se trouve tiraillé entre ces forces d’apparence inconciliables, pourtant, c’est en persistant à rester dans cet état inconfortable que le Soi se charge d’harmoniser ces pôles d’opposés qui deviendront complémentaires.

Rappelons que nous rencontrons tous des émotions et des sentiments que l’on peut facilement qualifier d’inacceptables (de fortes pulsions irrationnelles et instinctuelles) ; toute la difficulté consiste à ne pas les laisser s’exprimer librement sans pour autant tomber dans le phénomène du refoulement. Il s’agit donc de reconnaitre que ces mouvements font parties de notre dynamisme interne. C’est donc un véritable apprentissage que de les reconnaitre puis de les accepter, sans aucune intention de s’en défaire. Et celui qui réussit à concilier les dualités rencontrées dans son quotidien se donne le plus de chances de mener une vie équilibrée et harmonieuse.

On peut alors se poser la question suivante :

Comment solutionner nos moments de fortes tensions ?

Dison que l’égo doit apprendre à lâcher prise, c’est-à-dire qu’il doit savoir sortir de son attitude de dictateur pour se placer sous l’autorité du Soi divin. Il doit donc abandonner sa prétention d’être le centre du monde en voulant tout diriger. On parle dans ce cas de « la mort symbolique de l’égo », celle qui permet d’adopter une nouvelle vision du monde, celle du Soi.

Evidemment, le sacrifice de l’égo n’est pas facile puisqu’il dépend de la capacité de s’abandonner à la sagesse du Soi et à sa puissance d’intégration.

En plus, pour pouvoir embrasser son ombre, il est incontournable de se défaire du déni de l’existence qu’on lui prête, bien qu’elle puisse être tout à fait obscure.

Heureusement, il existe un ensemble de stratégies pour reconnaitre son ombre. Parmi elles, l’analyse des rêves est un moyen très efficace pour la rencontrer (bien que ce travail soit grandement facilité par un professionnel du langage des rêves).

De plus, le fait de porter son attention sur ses fantasmes/ses rêveries éveillés constitue une autre façon de reconnaitre son ombre. Par exemple, le fait de prendre conscience de ses élans de pouvoir, désirs de richesse, poussés de sexualité, sentiments de jalousie, frustrations, etc…

En troisième lieu, en examinant nos projections sur les autre, l’on peut accéder à la réalité fuyante de notre ombre.

C’est d’ailleurs sur ce point que cette vidéo insiste. Nous mettons en avant des histoires de projection de l’ombre sur autrui pour bien comprendre le mécanisme qui s’opère et les différentes étapes qui mène à la réappropriation de son ombre.

La prochaine fois, nous irons plus loin en découvrant des outils pour apprivoiser l’ombre dans le but d’en faire une force !

Ambre Cazaudehore

Autres vidéos en lien avec celle-ci :

Vidéo précédente (1ère partie) : « L’ombre le côté obscur de la force » / https://www.youtube.com/watch?v=cP8RwSuwfa8&t=186s

Vidéo mentionnée aujourd’hui : « l’univers fait partie de nous » / https://www.youtube.com/watch?v=hSxYDWQoq4Q&t=128s

Ambre Franrenet Cazaudehore est une praticienne psychocorporelle, née le 23 avril 1979. Elle a écrit plusieurs livres et donné des conférences et formations en développement personnel. Elle partage son temps entre ses consultations en région parisienne et à Montauban. Mère d’un petit garçon et belle-mère de deux adolescentes, elle anime régulièrement des stages pour favoriser l’autonomie et la pleine conscience.