Prendre rendez-vous sur DoctolibAmbre CAZAUDEHORE Sebastien CAZAUDEHORE

La notion d’acte « psycho-magique » a été introduite par Alexandro Jodorowsky*. Cet homme a étudié des rituels à travers le monde et exploré les univers non rationnels. Il propose d’apprendre à parler le langage de l’inconscient c’est-à-dire d’apprendre à la raison à utiliser le mode d’expression de l’inconscient qui est composé de mots, mais aussi d’actes, d’images, de sons, d’odeurs, de saveurs ou de sensations tactiles.

La «psycho-magie» propose d’agir (contrairement à la psychanalyse qui se limite à parler).
Ainsi, un acte psycho-magique est le résultat de différentes influences : vision créatrice de l’artiste sur le monde, relation avec des guérisseurs et travail sur l’arbre généalogique.
L’acte psycho-magique est là pour créer une expérience concrète dans un but de transformation. Il « parle » directement à l’inconscient : dans son langage métaphorique (fonction que remplissait nos anciens rituels de guérison).

C’est en mettant en scène des actes symboliques que notre quotidien se transforme. Voici les explications d’Alexandro Jodorowsky :

« Nous trouvons dans l’arbre des endroits traumatisés, non digérés, qui cherchent indéfiniment à se soulager. De ces endroits sont lancées des flèches vers les générations futures. Ce qui n’a pas pu être résolu devra être répété et atteindre quelqu’un d’autre, une cible située une ou plusieurs générations plus loin ».
Certaines flèches sont lancées vers vous, et bien sûr, nous pouvons parfois la dévier, sans forcément l’arrêter. Par exemple, un fantasme très fréquent dans notre société judéo-chrétienne est celui du «sauveur» ou celui de l’«enfant parfait». Ce fantasme peut programmer une flèche pour que l’aîné ait un accident et disparaisse à l’âge christique (33 ans). Une manière de l’éviter pourrait être de faire un enfant, car une loi de l’inconscient dit que face à un enfant, notre responsabilité nous interdit de l’abandonner – et mourir reviendrai à l’abandonner !. Cela peut donner un arbre généalogique où chaque génération fait un 1er enfant au même âge : à l’approche du danger, on refile « la patate chaude » au suivant ! Résultat : la flèche est déviée mais on ne peut pas dire qu’elle soit arrêtée.

L’idée d’Alexandro J. a donc consisté à créer un leurre pour cette flèche : plutôt que de vouloir l’éviter, il lui a fabriqué une fausse cible. Pour l’inconscient, le symbole est réalité, ainsi, permettre à la flèche de se planter définitivement dans une cible symbolique. Une façon pratique de résoudre radicalement ce qui cherche à l’être depuis plusieurs générations.
Dans ce même exemple, la flèche a pour cible la mort à 33 ans : créer un rituel de mort symbolique à cet âge permettrait à l’inconscient collectif d’être satisfait.

Attention tout de même car jouer à ce jeu symbolique demande une analyse claire de la flèche, quelle qu’elle soit, et une grande connaissance du monde symbolique. Les difficultés de guérison viennent du fait que nous sommes bloqués, sur les conditions dans lesquelles le traumatisme est arrivé. Notre inconscient veut retrouver la guérison dans les mêmes conditions, c’est la raison pour laquelle il répète l’histoire dans l’espoir de revivre ce qu’il aurait dû vivre «à ce moment-là».

> Je sais intellectuellement que c’est impossible, mais l’enfant en moi le désire quand même, alors acceptons-le et offrons lui une résolution dans les mêmes conditions, symboliques, et ça c’est possible !
Symboliquement, il est possible de parler à un mort, de mourir, de renaître, d’être reconnu, de reconnaître, ceci à l’infini… Car l’imagination a un réel pouvoir sur le présent. Les résultats autour des nombreuses recherches sur les bienfaits de la méditation l’attestent aujourd’hui largement.
Quand les ingrédients justes sont trouvés, les actes ritualisés sont de puissants outils de changement et de guérison.

On peut donc qualifier un acte psycho-magique de rituel. Il peut consister à fabriquer un objet, porter un maquillage, enterrer un symbole, aller déposer un objet dans l’eau, écrire une lettre puis la brûler ensuite etc. Les exemples sont nombreux et pas exhaustifs. L’acte peut être anodin ou carrément «politiquement incorrecte» (ex : brûler un billet pour casser une croyance familiale autour de l’argent : « il faut toujours avoir de l’argent de côté »), ou même utiliser du sang ou de l’urine etc. Pour parvenir à un bon résultat, la personne qui réalise l’acte doit se libérer de la morale imposée par sa famille ou sa culture.

Chaque détail doit être personnel, sur mesure, sur le mode poétique, onirique ou choquant, le principal étant qu’ilparle à l’inconscient. Ainsi, tous les objets qui composent le rituel sont dits « magiques » puisqu’ils sont chargés de significations pour l’inconscient.
Chaque acte est unique car il correspond à l’histoire d’une personne, il n’est donc pas reproductible pour autrui. L’acte magique demande une grande expérience de la part du prescripteur. Et le corps réagit à l’écoute de la prescription magique : la personne sait et/ou sent, que c’est ce qui lui convient.

Selon Alejanro, un acte psychomagique sera d’autant plus efficace s’il répond aux critères qui suivent :

  • L’acte psychomagique doit réaliser les prédictions de façon métaphorique.
  • L’acte psychomagique doit faire faire à la personne qui le réalise  quelque chose qu’elle n’a jamais fait.
  • Plus il sera difficile de réaliser l’acte psychomagique, plus les bénéfices obtenus seront grands (Pour guérir ou résoudre un problème, il faut une volonté de fer. Lutter inlassablement pour atteindre un but qui semble inaccessible développe notre énergie vitale. Cela, les sorciers du Moyen Âge l’avaient parfaitement compris, inventant des manuels de recettes qui proposaient des actes impossibles à réaliser. Certaines guérisons dans des lieux lointains déclarés miraculeux sont en grande partie dues au long et coûteux voyage que le malade doit effectuer pour y parvenir).
  • On doit toujours terminer l’acte psychomagique de manière positive. Ajouter le mal au mal ne change rien. L’acte psychomagique doit être transformateur : la souffrance donne naissance à une fin aimable.

Citation d’Alejandro Jodorovski :

« Si je recommande à un consultant de laisser sortir sa rage, accumulée pendant des années contre quelqu’un, en déchirant sa photographie, ou en donnant des coups de pied à une tombe, ou au moyen d’une confrontation écrite, etc., je conseille de couvrir la photographie de confiture de rosé, d’écrire sur la tombe le mot « amour » avec du miel, d’envoyer à la personne à qui l’on demande réparation un bouquet de fleurs, une boîte de bonbons ou une bouteille de liqueur ».

Une personne qui accepte d’interpréter le rôle d’un parent provoque chez le patient des réactions profondes, comme si celui-ci se trouvait devant le personnage réel (par exemple ; taper sur un coussin soulage la colère contre un agresseur).

L’un des objectifs des rituels psycho-magiques est d’aider le patient à comprendre que les êtres qui peuplent «le monde intérieur» ne sont pas les mêmes que ceux qui peuplent le monde extérieur.

La psycho-magie travaille sur la mémoire : provoquer un changement dans la mémoire, en utilisant des images et des sensations, car les images que nous conservons dans notre mémoire sont accompagnées d’une perception de nous-mêmes au moment où nous avons vécu ces expériences.

Lorsque nous nous souvenons de nos parents tels qu’ils se sont comportés à l’âge de 7 ans (par ex), nous le faisons du point de vue de l’enfant. Or nous vivons accompagnés voir dominés par un groupe d’ego d’âges différents. Et ce sont des manifestations du passé. L’objectif de la psychomagie, est d’obtenir qu’il se situe dans son ego adulte (ego qui ne peut se situer que dans le présent). Ainsi le patient devient son propre guérisseur !

Utiliser des actes psycho-magiques est une manière courageuse de reprendre le pouvoir sur son destin. La symbolique est reine. Leurs utilisations peuvent surprendre certain mais leur pouvoir de transformation a fait ses preuves depuis longtemps !

Personnellement j’ai commencé à utiliser les actes psycho-magiques lors d’un travail avec Catherine Preljocaj (coach de vie et adepte de techniques chamaniques). Ensuite j’ai constaté leur puissance en apprenant les bases du feng shui, et plus récemment, via un travail sur les constellations familiales.

Profitant de leur efficacité libératrice, je n’hésite pas à conseiller des actes psycho-magiques uniques à mes consultants.

Pour plus d’information, je me tiens à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.

Ambre Franrenet

Coach de vie

Alejandro Jodorowsky* : poète, cinéaste, scénariste de BD et agitateur culturel inclassable, a, en dehors des sentiers de la psychologie et des études universitaires, trouvé le chemin du transgénérationnel au travers de ses propres expérimentations.

Il utilise le terme “Psychogénéalogie” publiquement dans ses conférences hebdomadaires du mercredi à l’Ecole des Mines puis à l’Université de Jussieu, dès le début des années 1980. À cette époque, fort de son expérience de metteur en scène, il organise pendant ces conférences de véritables théâtralisations de l’arbre généalogique au cours desquelles il demande à un(e) consultant(e) de choisir les membres de sa famille dans le public et permet ainsi à tous les spectateurs présents de visualiser les quatre générations d’une famille sur l’estrade de l’amphithéâtre.

Pour lui, l’arbre généalogique est vivant en nous, et pour enrayer la chaîne des répétitions, c’est le langage de l’inconscient, c’est-à-dire celui des symboles, qu’il faut utiliser, car la prise de conscience et la verbalisation sont insuffisantes à la guérison. Ainsi, il préconise des actes psychomagiques.

Ambre Franrenet Cazaudehore est une praticienne psychocorporelle, née le 23 avril 1979. Elle a écrit plusieurs livres et donné des conférences et formations en développement personnel. Elle partage son temps entre ses consultations en région parisienne et à Montauban. Mère d’un petit garçon et belle-mère de deux adolescentes, elle anime régulièrement des stages pour favoriser l’autonomie et la pleine conscience.