Prendre rendez-vous sur DoctolibAmbre CAZAUDEHORE Sebastien CAZAUDEHORE

Nous avons tous un jour où l’autre (eu) affaire au deuil dans notre vie. Celui-ci suit l’annonce d’un décès, mais également d’une rupture amoureuse ou amicale, d’un lieu de vie ou suite à un licenciement, etc.

Le processus de deuil se décompose en plusieurs étapes et il est naturel de toutes les traverser une par une. Il est essentiel de savoir faire preuve de douceur envers soi. Inutile de se juger ou s’auto-flageller face à toutes ces différentes phases. Cependant, il est utile de faire connaître ces étapes pour pouvoir se situer dans le processus et comprendre qu’il ne s’agit que d’une étape dans leur parcours qui mène à l’acceptation.

Les différentes étapes du deuil sont linéaires, mais il arrive parfois que l’on ait besoin de revenir en arrière pour mieux vivre une étape qui aurait été « bâclée » inconsciemment. Tant que chaque étape n’a pas été vécue pleinement, il est n’est pas possible d’aspirer à la sérénité qui va  de pair avec l’acceptation du deuil.

Elisabeth Kübler-Ross, psychiatre helvético-américaine décédée en 2004, pionnière de l’approche des soins palliatifs pour les personnes en fin de vie est connue pour sa théorisation des différents stades émotionnels par lesquels passe une personne qui apprend sa mort prochaine (Voir le modèle Kübler-Ross). Elle a initialement appliqué sa théorie à toute forme de perte catastrophique.

Selon elle, après un diagnostic de maladie terminale, on observe « cinq phases de deuil ». Kübler-Ross a initialement appliqué ces étapes à toute forme de perte catastrophique (emploi, revenu, liberté). Cela inclu la mort d’un être cher, le divorce, la toxicomanie ou l’infertilité.

Les 5 étapes illustrées

Quelques exemples de pensées pour illustrer ces étapes

  1. Déni. Exemple de pensée : « Ce n’est pas possible, ils ont dû se tromper. »
  2. Colère. Ex : « Pourquoi moi et pas un autre ? Ce n’est pas juste ! »
  3. Tristesse, Dépression, Résignation. Ex : « Je suis si triste, pourquoi se préoccuper de quoi que ce soit ? », « Je vais mourir… Et alors ? »
  4. Le marchandage : « Laissez-moi vivre pour voir mes enfants diplômés. », « Je ferai ce que vous voudrez, faites-moi vivre quelques années de plus. »
  5. L’acceptation : « Maintenant, je suis prêt, j’attends mon dernier souffle avec sérénité. »

Les 5 étapes détaillées

1.Le déni :
Cette étape est plus ou moins longue selon les individus. Le sujet concerné refuse d’abord de croire à l’information qui vient de lui être communiqué. Il tente parfois d’argumenter et de contester (intérieurement ou en dialoguant). L’étape du déni peut se prolonger longtemps, comme dans le cas de personnes qui refusent de se séparer d’objets ayant appartenu à la personne qui les a quittées, physiquement ou lors d’une rupture. C’est leur façon de se raccrocher au passé.

2.La colère et la révolte :
Une fois l’étape du déni passée, le sujet se confronte à la réalité des faits et à l’impossibilité d’un retour en arrière, ce qui engendre une certaine colère (envers soi ou envers les autres). Il s’emporte (ou, parfois, au contraire, s’enferme dans un grand mutisme). Passe alors une ribambelle d’émotions : reproches envers soi et/ou les autres, remords, ressentiments, dégoût, pulsions de vengeance…

3.La tristesse > dépression :       
La tristesse une étape marquée par un sentiment de grande solitude pouvant parfois aller jusqu’à la dépression. C’est l’étape qui permet de se préparer à la suite du processus.               C’est une forme d’acceptation de l’attachement émotionnel. Il est tout à fait normal de ressentir de la tristesse, du regret, de la peur, de l’incertitude.
C’est l’étape qui indique que nous commençons à accepter la réalité.

4.Le marchandage :       
C’est l’étape qui revient à promettre à l’autre, à Dieu, à l’Univers, de ne plus faire les mêmes choses pour que la situation originelle puisse revenir.

5.L’acceptation :
Lors de cette étape, le sujet accepte maintenant la perte de l’être cher, du conjoint qui l’a quitté ou d’un déménagement, de la perte d’emploi (ou autre « objet » dont il faut faire le deuil). En acceptant la situation, il devient alors capable de garder les bons moments comme les moins bons.            Il reprend confiance en lui, en l’avenir et se sent enfin mieux. L’acceptation correspond au moment où le sujet prend la décision de vivre avec la réalité, où il émerge doucement de ce processus pour pouvoir se reconstruire.

La psychiatre E. Kübler-Ross a également fait valoir que ces étapes ne respectent pas nécessairement dans l’ordre indiqué ci-dessus. Toutes les étapes ne sont pas non plus vécues par tous les individus, mais chaque victime en vivra au moins deux.

S’AUTORISER ET ACCEPTER TOUTES LES ÉMOTIONS

Le processus de deuil est essentiel pour reprendre goût à la vie. Comme les émotions, il ne s’agit pas de chercher à l’éviter ou le fuir, mais au contraire d’accepter de le vivre pleinement, même si cela semble trop douloureux de prime abord. C’est en vivant pleinement nos émotions, en les laissant nous traverser, que nous leur permettons de se libérer afin de ne pas s’installer (dans le corps).

Le travail de deuil n’aboutit pas à l’oubli, au contraire, il garantit le « non-oubli ». En acceptant de vivre le processus et en s’autorisant à aller mieux, nous créons les conditions pour accueillir l’être disparu définitivement en nous, en ce lieu intérieur que plus rien ne pourra remettre en question, par-delà les années.

Chaque deuil est singulier, chacun traverse le processus à son rythme et à sa manière. Il est donc inutile de chercher des formules toutes faites mettant en relation le temps de deuil aux nombres d’années passées avec la personne. En revanche, tout le processus de deuil est une question d’acceptation :

  • Accepter la douleur et vivre toute la palette d’émotions qui s’ensuit
  • Accepter d’être vulnérable, de ressentir un sentiment d’insécurité, et de ne pas pouvoir tout maîtriser
  • Accepter que le processus de deuil soit une transition vers la guérison, et non un état dans lequel nous devons rester
  • Accepter les attentions, l’aide, l’écoute, que ce soit de la part de notre entourage comme d’un professionnel accompagnant
  • Accepter de ne pas être en mesure de donner comme à notre habitude (donner de notre temps, de notre énergie, de notre amour)
  • Accepter de donner un sens à l’épreuve et y puiser des forces nouvelles

Notez qu’accepter revient à reconnaître simplement ce qui est, sans chercher à lutter ou à nier quoique ce soit. Ce genre de comportement peut en effet faire tomber dans les paradis artificiels ou amener à se couper de ses émotions, ce qui ne fera que retarder le processus d’acceptation.

S’AUTORISER ET ACCEPTER TOUTES LES ÉMOTIONS

Le processus de deuil est essentiel pour reprendre goût à la vie. Comme les émotions, il ne s’agit pas de chercher à l’éviter ou le fuir, mais au contraire d’accepter de le vivre pleinement, même si cela semble trop douloureux de prime abord. C’est en vivant pleinement nos émotions, en les laissant nous traverser, que nous leur permettons de se libérer afin de ne pas s’installer (dans le corps).

Le travail de deuil n’aboutit pas à l’oubli, au contraire, il garantit le « non-oubli ». En acceptant de vivre le processus et en s’autorisant à aller mieux, nous créons les conditions pour accueillir l’être disparu définitivement en nous, en ce lieu intérieur que plus rien ne pourra remettre en question, par-delà les années.

Chaque deuil est singulier, chacun traverse le processus à son rythme et à sa manière. Il est donc inutile de chercher des formules toutes faites mettant en relation le temps de deuil aux nombres d’années passées avec la personne. En revanche, tout le processus de deuil est une question d’acceptation :

  • Accepter la douleur et vivre toute la palette d’émotions qui s’ensuit
  • Accepter d’être vulnérable, de ressentir un sentiment d’insécurité, et de ne pas pouvoir tout maîtriser
  • Accepter que le processus de deuil soit une transition vers la guérison, et non un état dans lequel nous devons rester
  • Accepter les attentions, l’aide, l’écoute, que ce soit de la part de notre entourage comme d’un professionnel accompagnant
  • Accepter de ne pas être en mesure de donner comme à notre habitude (donner de notre temps, de notre énergie, de notre amour)
  • Accepter de donner un sens à l’épreuve et y puiser des forces nouvelles

Notez qu’accepter revient à reconnaître simplement ce qui est, sans chercher à lutter ou à nier quoique ce soit. Ce genre de comportement peut en effet faire tomber dans les paradis artificiels ou amener à se couper de ses émotions, ce qui ne fera que retarder le processus d’acceptation.

Quelques outils précieux pour faciliter le travail de deuil

Il existe différents types de moyens et supports pour exprimer ses émotions parmi eux :

  • L’écriture. Tenir un journal régulièrement peut être une excellente alternative lorsqu’on n’aime pas se confier à quelqu’un. Le simple fait de coucher ses émotions sur papier ou dans un document numérique les fera sortir peu à peu.
  • Dessiner/Peindre. Exprimer ses émotions par l’art, même si les œuvres qui en découlent peuvent être très « noires », ceci reste extrêmement libérateur.
  • Méditer. Non seulement cela permet de se recentrer sur d’autres pensées que celles liées au deuil, mais même si ce sont ces pensées qui traversent l’esprit, la méditation peut être un parfait déclencheur de sanglots retenus trop longtemps. En méditant, il devient plus facile d’accueillir des émotions refoulées.
  • Lâcher cette croyance limitante que pleurer rime avec faiblesse. Ça fait bien longtemps que l’on sait que pleurer est libérateur, qu’on soit de sexe féminin ou masculin pourtant cette croyance a marqué bien des générations (pas si anciennes que cela).
    Remplacer les pensées négatives par des souvenirs heureuxPour accompagner le processus de deuil d’une séparation difficile ou d’un proche décédé, il existe une technique basée sur la visualisation. Cette technique s’avère également efficace pour accompagner une dépendance compulsive (à l’alcool, au tabac, à la nourriture ou au jeu par exemple – voir même une émotion comme la colère, l’angoisse ou la gêne).Voici le protocole à suivre, étape par étape :
    1. Fermez les yeux et imaginez le lien avec lequel vous vous sentez dépendant : une personne disparue, une relation interrompue, l’objet de sa dépendance, TOUT en se connectant à l’émotion rattachée.
    Exemple pour un deuil : « Tout en repensant à l’image de votre frère qui n’est plus là et à tout ce qui vous rend triste quand vous pensez à lui, j’aimerais que vous laissiez venir, juste une dernière fois, le lien de cette souffrance. Ce lien qui vous empêche d’être libéré, comme un fil conducteur qui se trouve là, entre lui et vous… »Exemple pour dépendance-tabac : « J’aimerais vous demander de penser à cette notion de dépendance à la cigarette dont vous me parlez… Et tout en y pensant, vous allez laisser venir l’image qui vous vient à l’esprit, car le mot dépendance est différent d’une personne à l’autre… Certaines personnes se voient en train de faire la queue devant un bureau de tabac, tandis que d’autres voient un cendrier plein de mégots ou toute autre chose… Quand l’image vous vient, soyez simplement curieux de découvrir à quoi ressemble le lien de cette dépendance entre cette image là-bas et vous ici… »
    1. Visualisez ce lien avec le plus de précisions, en le matérialisant dans l’espace.
    Si vous rencontrez des difficultés pour cette étape, il vous suffit d’inventer à quoi ce lien pourrait ressembler.Par exemple : « Et ce lien que vous n’avez pas encore perçut de façon consciente, c’est tout ce qui se rattache à cette émotion négative dont vous voulez vous défaire… En fonction des personnes, il peut ressembler à une corde… Tandis que pour d’autres, ce sera comme une chaîne. Ou encore une forme ou une couleur… Mais tout cela est différent d’une personne à une autre, la seule chose qui compte, c’est l’image que vous trouverez à votre niveau. »3.Une fois le lien matérialisé, vérifiez les sous-modalités pour en donner la meilleure représentation :Exemples de sous-modalité : Décrire de quelle couleur, forme, texture, longueur est-il ? 4.Demandez-vous à quel endroit vous voulez intuitivement vous séparer de ce lien.Exemple : Est-ce au milieu du lien ? A l’endroit où se trouve la personne qui vous relie, ou au contraire, là où vous êtes accroché en elle ?5.Imaginez un gros plan de cet endroit de sorte que vous puissiez repérer précisément par quel moyen ce lien est accroché.Exemple : « Et maintenant vous allez imaginer que vos yeux se trouvent sur ce lien… Qu’ils peuvent se rapprocher suffisamment, comme quand on regarde à travers une loupe et que cette partie que vous regardez devient progressivement si précise que vous pouvez y voir tous les détails, la texture, la façon dont ce lien est maintenu, comme si vous aviez fait un zoom de cet endroit… »6.Imaginez la façon dont vous souhaitez vous séparer de ce lien.
    Exemple : Est-ce avec des ciseaux ? En l’arrachant ? En le découpant avec un couteau ? En le brûlant ?
    Si vous rencontrez trop de difficulté à le faire seule, vous pouvez choisir une personne de confiance pour vous aider à couper ce lien (un ami, un être disparu, etc).7.Visualisez-vous (ou visualiser la personne qui accompagne le geste) en train d’agir.
    Si c’est trop éprouvant, vous avez la possibilité de vous dissocier pour pouvoir regarder. Toutefois, pensez bien à vous réassocier à la fin du processus.8.Une fois libérée, trouver le moyen le plus radical pour que le lien disparaisse complètement de sa vie.
    Exemple : Est-ce en le brûlant ? En le jetant ? En l’enterrant ?9.Assistez à la destruction délibérée du lien.
    1. Assurez-vous que la partie de ce lien attachée est complètement nettoyée.
    Exemple : s’il s’agissait d’un fil qui partait du ventre, visualisez ce dernier libéré de toute trace :  « L’air qui entre dans votre corps purifie cette zone et nettoie automatiquement toute trace pour évacuer tout ce qui doit l’être »11.Remplacez le vide par une nouvelle énergie qui remplit votre corps.Exemple : « J’aimerais qu’à cet endroit vous laissiez venir une lumière, peut-être une couleur, agréablement chaude, comme un soleil qui grandit en vous pour redonner toute l’énergie dont vous avez besoin pour votre corps, à partir de maintenant ».
    1. Visualisez-vous libéré et pensez désormais à tout ce qui apparait comme positif et prometteur pour l’avenir.
  • Cette technique de visualisation est puissante et pourra grandement soulager la personne endeuillée. Évidemment, elle ne dispense pas de passer par les étapes du deuil telles que définies par Kübler-Ross, mais elle peut atténuer en partie la douleur liée à ce long processus et offrir une respiration bienvenue.Le processus de deuil est un tunnel, parfois long, mais nous sommes tous « équipées » de ressources intérieures insoupçonnables pour dépasser absolument tout ce qu’on rencontre.Si vous ressentez des turbulences émotionnelles trop fortes qui vous donnent la sensation de perdre pied, sachez qu’il est opportun de vous faire accompagner dans cette période. Bien que le processus de deuil soit une dynamique naturelle, il est des circonstances où il devient nécessaire de consulter un professionnel. Que vous soyez sujets à des troubles particuliers (signes de dépression, difficultés à exprimer ses émotions, maladies à répétitions, etc.) ou que vous vous trouviez dans une situation de grande solitude, un s’avéra être une aide inestimable.Je me tiens à votre disposition pour vous accompagner et répondre à vos éventuelles interrogations.Affectueusement,Ambre Cazaudehore

Ambre Franrenet Cazaudehore est une praticienne psychocorporelle, née le 23 avril 1979. Elle a écrit plusieurs livres et donné des conférences et formations en développement personnel. Elle partage son temps entre ses consultations en région parisienne et à Montauban. Mère d’un petit garçon et belle-mère de deux adolescentes, elle anime régulièrement des stages pour favoriser l’autonomie et la pleine conscience.